Cabinda,
géopolitique et lobbies pétroliers
Virginie Mouanda Kibinde
Publié le 25 juin 2006
Situé en Afrique centrale sur le Golf de Guinée,
entre le Congo-Kinshasa, le Congo-Brazzaville et l’Océan
Atlantique, le Cabinda avait été annexée
par l’armée d’Angola en 1975.
Pays en guerre depuis 30 ans. Des familles entières ont
été décimées, plus de 200000 morts
à ce jour. Plus de la moitié de la population de
Cabinda a été obligée de quitter le pays.
Ce petit territoire a été laissé aux mains
des enfants soldats d’un contingent de plus de 60000 hommes
de l’armée angolaise pour une population d’environ
300000 habitants. La guerre a dévasté le pays par
des massacres des populations, les incendies et la destruction
des villages.
Ces militaires font régner la terreur sur la population
par des exécutions sommaires, des humiliations, des discriminations,
des privations.
Depuis 30 ans la population habite dans des centres de réfugiés
du Haut Commissariat pour les Réfugiés dans le Bas-Congo
et le Sud du Congo-Brazzaville. Puis quelques milliers de civils
vivent encore aujourd’hui dans la forêt du Mayombe,
fuyant les incursions de l’armée angolaise. A ce
jour une centaine de villages au Cabinda ont disparus de la carte.
Les soldats de l’armée angolaise se permettent de
pénétrer dans les camps au su du HCR, pour des arrestations
d’hommes et des tueries.
La communauté internationale reste indifférente
au drame du Cabinda.
Les plus grands pays occidentaux, les Etats-Unis, la France, le
Royaume-Uni, l’Italie, le Portugal y sont représentés
par la présence des multinationales pétrolières
qui signent des contrats faramineux avec l’Angola pour l’exploitation
du pétrole au Cabinda. Il s’agit de Chevron, Texaco,
Shell, Total-Fina-Elf, Agip…
Avec 1 500 000 barils par jour, le pétrole Cabindais représente
plus de 70 pour cent des revenus pétroliers de l’Angola.
Entre corruption et culture de guerre qui minent le gouvernement
de Luanda, la population Cabindaise est ainsi prise en otage par
un consensus international qui veut avant tout, préserver
les intérêts des lobbies pétroliers.
Ce petit pays immensément riche, aussi appelé le
Koweit d’Afrique reste un sujet tabou, un symbole de la
mafiafrique où chacun se taille sa part du gâteau
en laissant la population croupir dans une misère sanglante.
Les principales parties qui détiennent la clé du
problème étant les Etats-Unis, le Portugal et bien
entendu le gouvernement Angolais.
C’est l’Organisation des Nations Unies qui doit siéger
sur cette question. Pour cela, il faudrait qu’un pays membre
de l’ONU, puisse supporter cette question, pour que Cabinda
fasse l’objet d’un débat sur la table de discussion.
Ou que le secrétaire Général des Nations
Unies, Monsieur Kofi ANNAN mette lui-même le sujet sur la
table.